| Des débuts de la reproduction des oeuvres d'art...
Robert Jefferson Bingham "Lord Strafford allant au supplice", tableau de Paul Delaroche (1858) Epreuve sur papier albuminé d'après un négatif verre au collodion, 17,4 x 21 cm Paris, musée d'Orsay, (c) Musée d'Orsay, Patrice Schmidt La reproduction photographique des œuvres d’art fit naître, dès le début des années 1850, bien des espoirs chez les historiens de l’art. Séduit par le travail de Gustave Le Gray, Léon de Laborde, conservateur du Louvre, proposa en 1850 au ministre de l’Instruction publique, un projet futuriste, l’inventaire général photographique de toutes les collections publiques. Lors de l’Exposition universelle de Paris en 1855, Benjamin Delessert réussissait à établir la capacité de la photographie de diffuser les chefs d’œuvre de l’art ancien. En 1858, Goupil édite L’Œuvre de Paul Delaroche, illustrée par des photographies de Bingham : cet ensemble le constitue le premier catalogue raisonné d’un peintre accompagné de photographies. A partir de la fin des années 1850, l’administration des Beaux-Arts acquit différentes publications artistiques illustrées par la photographie, à l’intention des écoles d’art provinciales ou des musées. La photographie jouait déjà un rôle essentiel de diffusion des œuvres d’art, mais limité encore par le coût élevé des différentes publications. ... au "Musée maginaire" de Malraux
A Boulogne, "la maison du Musée Imaginaire" (Françoise Theillou, Ed. Bartillat)) Un siècle plus tard, dans "Le musée imaginaire" (1947), Malraux analyse le nouveau rôle de la reproduction photographique qui permet l’accès aux œuvres du monde entier. Le musée imaginaire de Malraux n’est pas le produit éphémère de l’imagination, mais une collection importante d’œuvres d’art, reproduites grâce aux technologies modernes (500 photos noir et blanc). « Aujourd’hui, (on) dispose de la reproduction en couleur de la plupart des œuvres magistrales, (on) découvre nombre de peintures secondaires… Un Musée imaginaire s’est ouvert, qui va pousser à l’extrême l’incomplète confrontation imposée par les vrais musées ».
| | ... et au musée virtuel d'aujourd'hui Ce que prédisait Malraux est aujourd’hui arrivé, mais bien au-delà de ses prévisions visionnaires. Les nouvelles technologies numériques ont dissocié la photographie et son support papier, et ont promu la diffusion massive d’ images en couleur d’excellente qualité. Le public peut alors s’affranchir du lieu d’exposition, de l’auditorium ou de la bibliothèque. 
Vue partielle du réseau Internet (janvier 2005) - Source : Wikipedia Depuis déjà quelques années, le musée imaginaire d’origine est devenu un musée virtuel, visitable par des millions d’individus. Tous les œuvres maîtresses du monde entier sont disponibles. Il est possible d’accéder à des tableaux appartenant à des collections particulières (mais bien peu sont photographiés), à des œuvres dont l’état de conservation ne permet pas l’exposition au public (par exemple, les Très riches heures du Duc de Berry à Chantilly), ou encore à des oeuvres prêtées ou louées par les musées à d'autres institutions. Chacun peut même à tout moment organiser des expositions virtuelles sur une époque, un mouvement de la peinture, un ou plusieurs peintres ou sur un genre : paysage, portrait, nu, etc. de son choix. Malheureusement, il y a encore beaucoup de vrais musées qui n’ont pas de sites internet de qualité et facilement utilisables. Les musées américains, anglais et hollandais ont une bonne longueur d’avance ! Choix des oeuvres | |